Fini le quartier des Quatre-Moulins, me voici dans un nouvel atelier plus petit certes mais avec une belle lumière ! Cimaises posées en début de printemps avec des aides adorables! Alors, cette envie d’ouvrir tranquillement, sans tambours !ni trompettes, et de présenter des dessins anciens emmêlés aux productions récentes. L’invitation tient sous forme d’un vieux proverbe qui célèbre le printemps, je l’ai écrit en caractères en plomb (sous les presses de l’imprimerie Pam à Brest).En mai, on jette sarrau, capète et manteau … un appel à la légèreté et à l’été qui s’annonce!

Alors durant ce mois de mai 2025, sont venus de petits groupes d’amis, d’artistes, de voisins, d’amis d’amis, de frangins-nes, neveux, nièces… et nous avons discuté autour des dessins installés sur les cimaises. J’ai expliqué les expositions récentes au déboulé sur nos erres enchevêtrées et de quoi demain sera fait, il y a eu des questionnements, commentaires, rapprochements, j’ai ressorti parfois des dessins et dossiers très anciens.. Expliquer la méthode de travail par chantiers (souvent une question soumise à investigation plastique) avec les différentes étapes: l’enquête, la construction d’une pièce de grande taille puis des éléments annexes qui étayent les récits que l’on peut se faire.

Petit retour sur un des points qui m’importait en ouvrant l’atelier : me mettre à nouveau en état de poursuivre le chantier des cent silhouettes (grands dessins de format 150×200 cm). Leur réalisation a débuté peu avant 2000 lors d’une résidence à Pont Aven. La première série a commencé dans cet hiver breton où l’on sentait le son sourds des sabots de Gauguin, ces premiers dessins-silhouettes sont nés de la fréquentation des chaos rocheux le long de l’Aven. Plusieurs de ces dessins se sont réunis en 2004 pour former le premier très grand format nommé Chaos ou la chute (6x6m) exposé à l’art à la Pointe à Saint-Mélar en Finistère Sud. Depuis, cette investigation se poursuit. Ici 2 dessins de la série cargos noirs, construits sur le ressenti près des grands bateaux métalliques amarrés au port de Brest avec un petit hommage par le titre aux peintures cargos noirs de Raoul Dufy.

L’atelier est désormais en mode hiver, les lumières sont plus blanches, le soleil plus bas, la nuit gagne sur le jour, je suis plus souvent dans le petit atelier autour des sismographes, des livres et des estampes, en ce moment je travaille au son d’un film sur le grand dessin elle va monter jusqu’à quand…2022. Est-ce que les muses (hommage aux femmes artistes Horizonnes 2000) coincées dans un coin de l’atelier m’entraîneront bientôt à nouveau dans leur grande ronde tourbillonnante ?


